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Vera
RUBIN

Astrophysicienne pionnière, Vera Rubin a révolutionné notre compréhension de l’Univers en révélant l’existence de la matière noire. Découvrez le parcours d’une femme engagée, mentor infatigable et symbole de la lutte contre l’invisibilisation des femmes en sciences.

Portrait illustré de Vera Rubin sur un fond d’objets astronomiques
Vera Rubin

Vera Rubin, pionnière de l’astronomie et éclaireuse des mystères de l’Univers

Née le 23 juillet 1928 à Philadelphie, Vera Cooper Rubin se passionne dès ses 12 ans pour les étoiles, encouragée par son père qui l’aide à construire son premier télescope. Malgré un milieu scientifique dominé par les hommes, elle poursuit des études supérieures à Vassar College, l’une des rares universités à accepter les femmes en astronomie.

Son parcours académique, couronné par une thèse sur la distribution des galaxies sous la direction du physicien George Gamow, révèle très tôt son sens de l’observation et son ambition pour la recherche fondamentale. Souvent seule femme dans les observatoires, elle concilie carrière scientifique et vie familiale avec ses quatre enfants sans renoncer à ses recherches.

Des études pionnières face à l’adversité

À partir des années 1960, Vera Rubin mène des observations majeures au télescope de Kitt Peak puis à l’observatoire du Mont Palomar, longtemps fermé aux femmes. Ses travaux sur la vitesse de rotation des étoiles en périphérie des galaxies révèlent l’existence d’une masse invisible : la matière noire, qui explique pourquoi les galaxies ne tournent pas comme prévu par les lois classiques.

Ses recherches sont révolutionnaires : la matière noire devient un objet central de la cosmologie moderne et compose aujourd’hui la majeure partie de la masse de l’Univers, ouvrant un champ entier de recherches sur la structure du cosmos.

L’impact de l’effet Matilda sur sa carrière

Malgré l’évidence et l’impact mondial de ses résultats, Vera Rubin ne reçoit ni le Prix Nobel ni les honneurs accordés à plusieurs collègues masculins. Elle incarne ainsi l’« effet Matilda »*, qui décrit l’effacement des femmes dans la mémoire scientifique.

Au-delà de ses découvertes, elle se distingue par sa personnalité et sa générosité envers les générations suivantes. Humble, elle se soucie davantage de l’avancée de la science que de la reconnaissance personnelle, affirmant que le plus beau compliment est que ses données continuent à servir les chercheurs.

Vera Rubin s’illustre aussi comme mentor, en particulier auprès des jeunes femmes souhaitant s’engager en astronomie. Elle rédige de nombreuses lettres de recommandation et soutient activement les carrières de ses étudiantes. L’une d’elles, Sandra Moore Faber, deviendra une figure majeure et décrira Rubin comme « une lumière qui a guidé une génération de femmes astronomes ».

Son engagement pour l’ouverture et la diversité se manifeste dans ses interventions publiques, comme son discours à Berkeley où elle rappelle que « La science est compétitive, exigeante, mais aussi imaginative, féconde, exaltante », encourageant toutes et tous à persévérer avec curiosité.

Un héritage gravé dans la science

La reconnaissance finit par arriver, notamment avec la National Medal of Science remise par Bill Clinton en 1993, puis la médaille d’or de la Royal Astronomical Society en 1996. En 2020, l’un des plus grands observatoires du monde est inauguré au Chili : le Vera Rubin Observatory, destiné à révolutionner l’observation du ciel dans les décennies à venir.

Son nom et son héritage sont ainsi inscrits dans la mémoire scientifique comme symbole d’émancipation, d’engagement et d’excellence pour les générations futures. Vera Rubin s’éteint en 2016, laissant une communauté scientifique plus ouverte, un Univers mieux compris et une invitation permanente à poursuivre la quête de l’invisible.

Coucher de soleil sur le Vera Rubin Observatory au Chili
Observatoire Vera Rubin – Chili

Frise des Matilda

Malheureusement, Vera Rubin n’est pas la seule femme à avoir été grisée dans l’histoire des sciences. De nombreuses chercheuses ont vu leurs travaux minimisés, attribués à des collègues masculins ou tout simplement oubliés.

Pour en savoir plus, une frise interactive présente quelques grandes figures scientifiques marquées par cet effacement historique et rappelle l’importance de reconnaître leurs contributions.

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